Le chiffre affiché sur la borne — 150 kW, 350 kW — ne vous dit presque rien du temps que vous allez passer là. Ce qui compte, c'est ce que votre voiture accepte, et à quel moment elle cesse de l'accepter. Voici comment ça marche vraiment.
Une batterie ne se remplit pas comme un réservoir. Plus elle est pleine, plus elle refuse le courant : c'est une contrainte de chimie, pas un bridage commercial. La puissance annoncée par le constructeur n'est atteinte que sur une fenêtre étroite, souvent entre 10 et 30 % de charge, puis elle décroît continûment.
Conséquence très concrète : sur une borne rapide, les vingt derniers pourcents prennent souvent plus longtemps que les cinquante premiers. C'est pour ça que tous les planificateurs sérieux s'arrêtent à 80 %. Rester dix minutes de plus pour gagner 40 kilomètres n'a de sens que si la borne suivante est vraiment loin.
Sur autoroute : arriver bas, repartir à 80 %. Deux arrêts courts valent mieux qu'un seul arrêt long, parce qu'on passe alors tout son temps dans la partie rapide de la courbe.
Voici le temps nécessaire pour passer de 10 à 80 % sur une borne suffisamment puissante. Ces durées tiennent compte de la décroissance de la puissance, pas seulement de la puissance crête annoncée.
| Voiture | Batterie | Crête annoncée | 10 → 80 % |
|---|---|---|---|
| Hyundai Ioniq 5architecture 800 volts | 77 kWh | 233 kW | ≈ 19 min |
| Tesla Model 3 Grande Autonomie | 75 kWh | 250 kW | ≈ 26 min |
| Peugeot e-208 | 48 kWh | 100 kW | ≈ 29 min |
| Renault Zoe R135 | 52 kWh | 46 kW | ≈ 45 min |
Regardez la Ioniq 5 et la Model 3 : la Tesla annonce une puissance crête supérieure, et met pourtant sept minutes de plus. La raison tient à l'architecture électrique. Les voitures en 800 volts — Ioniq 5, Kia EV6 — tiennent une puissance élevée bien plus longtemps, là où une 400 volts très puissante s'effondre vite après le pic.
Regardez aussi la Zoe : 46 kW de crête, c'est peu, mais elle les tient presque du début à la fin. Une voiture qui charge doucement par rapport à sa batterie a une courbe plate. C'est pourquoi comparer deux voitures sur leur seule puissance maximale n'a aucun sens.
Tarifs en paiement direct par carte bancaire, sans abonnement ni badge, relevés chez les opérateurs :
| Où | Prix du kWh | Une recharge 20 → 80 % sur 60 kWh |
|---|---|---|
| À la maisontarif réglementé, France | ≈ 0,20 € | ≈ 7 € |
| Borne lente en villejusqu'à 22 kW | ≈ 0,40 € | ≈ 14 € |
| Borne rapide50 à 150 kW | ≈ 0,57 € | ≈ 21 € |
| Ionityrelevé au 1er juillet 2026 | 0,62 € | ≈ 22 € |
| Fastnedrelevé en août 2026 | 0,61 € | ≈ 22 € |
L'écart le plus frappant n'est pas entre deux réseaux, il est entre la maison et l'autoroute : on paie environ trois fois plus cher sur une borne ultra-rapide qu'à la prise du garage. D'où la règle qui vaut de l'or sur un départ en vacances : partir avec la batterie pleine, faite à la maison la veille. Sur un trajet de 800 km, cela représente facilement une quinzaine d'euros d'économie, pour zéro effort.
Les pass multi-réseaux facturent souvent une majoration d'itinérance sur les réseaux qui ne sont pas les leurs. À l'inverse, un abonnement chez un opérateur précis peut faire tomber le kWh de 0,61 à 0,43 € si vous roulez beaucoup. La question à se poser n'est pas « quel badge » mais « combien de recharges rapides par mois ». En dessous de deux ou trois, la carte bancaire en direct suffit.
La base officielle française recense des bornes puissantes et gratuites. Beaucoup sont installées chez des entreprises et marquées « accès réservé » : dépôts de transporteurs, parkings de sociétés, flottes. Elles existent, elles sont bien là, mais vous ne pouvez pas vous y brancher.
Sur un trajet Moselle – Marseille, on en compte environ 250 sur 1 850. Un planificateur naïf les choisit en priorité, puisqu'elles sont à la fois puissantes et gratuites. Vérifiez toujours la mention d'accès avant de faire un détour.
Une voiture électrique consomme nettement plus en hiver : chauffage de l'habitacle, batterie à réchauffer, pneus plus durs, air plus dense. Comptez :
Autrement dit, une autonomie de 400 km en septembre tombe à 285 km en janvier. Ce n'est pas une panne, c'est de la physique — mais c'est la première cause de mauvaise surprise chez les nouveaux conducteurs. Un planificateur qui ignore la température vous placera trop peu d'arrêts.
Si vous ne savez pas quelle prise vous avez : ouvrez la trappe. Une prise ronde à sept trous seule, c'est du Type 2. La même avec deux gros contacts en dessous, c'est du Combo CCS, et vous êtes tranquille partout.
Planifier mes recharges sur un trajet →Choisissez votre modèle : l'application connaît sa batterie et sa vitesse de charge, et place les arrêts au bon endroit.